Violences par-ci, violences par là… Société ivoirienne, ton humanité fout le camp

L’observation des réseaux sociaux et de la presse de notre pays nous rapporte chaque jour des scènes de violence perpétrées çà et là, aux quatre coins du territoire. 

Et comme s’ils se disputaient la palme de l’acte le plus délictueux, les auteurs nous offrent une riche palette de leur déviance comportementale.

On a encore en mémoire l’assassinat dans son bureau, de la secrétaire de la paroisse Sainte Cécile des 2 Plateaux par un individu visiblement en conflit avec la société.

Pas même la crainte de Dieu en ces lieux n’a pu freiner la folie meurtrière de cet homme qui ira méditer son acte en prison.

Il y a peu, on voyait des fans de feu DJ Arafat, en furie, renverser une autre digue morale en allant jusqu’à profaner sa tombe pour, dit-on, s’assurer qu’il s’agissait bel et bien de la dépouille de leur champion. 

Quelques semaines plus tard, c’était autour de la petite Grâce, 3 ans, de succomber au CHU de Cocody, au viol subi de la part d’un adulte dans un village de Dimbokro. Une histoire qui a suscité une forte émotion sur la toile et dans la société ivoirienne avant de donner lieu à une marche silencieuse, à Abidjan, à l’initiative de la société civile comme ce fut également le cas pour le petit Bouba, assassiné il y a quelques mois, par son gentil tonton de bijoutier du quartier qui avait pris l’habitude de le couvrir de petites pièces et de friandises. 

Un épisode malheureux qui avait fait monter en son temps, colère et indignation chez nos compatriotes. 

Des exemples qui montrent aisément le degré d’inhumanité atteint aujourd’hui par notre société et qui devraient pousser à une réflexion plus approfondie pour briser ce cycle de violences et revenir à plus d’humanité. Comment en sommes-nous arrivés là et quelle mitigation à y apporter ? 

Sans faire forcément œuvre de sociologue, on peut indiquer que la longue crise politico-militaire qu’a connue notre pays ces deux dernières décennies, avec son corollaire de violences, y est pour beaucoup dans la ruine actuelle des valeurs morales. 

Avec notamment les nouveaux dirigeants, qui cumulent, préséance nordiste, passe-droits, course à l’enrichissement et impunité à l’avantage de leur seul camp. 

Le poisson pourrissant par la tête, le corps social ivoirien ne pouvait qu’être impacté négativement par le bel exemple venu du pouvoir exécutif. 

Si bien qu’aujourd’hui le goût de l’effort est de moins en moins cultivé par les jeunes qui ont vu sous leurs yeux, plus d’un intermittent de la compétence accéder à de hautes charges étatiques. Pourquoi donc user sa culotte en amphi soupirent-ils à raison?

Aussi faudra-t-il pas perdre de vue que les atrocités servies par la rébellion de 2002 ont davantage endurci les coeurs au point où aujourd’hui c’est pratiquement devenu banal d’enjamber un corps inerte ou d’ôter la vie à son semblable. 

La démission des parents dans l’éducation et l’encadrement de leurs progénitures ne saurait également être passée ici par pertes et profits malgré la paupérisation qui gagne chaque jour du terrain dans le corps social et derrière laquelle des esprits bien-pensants pourraient se cacher.

C’est dire si tous sont concernés par la recherche de solution. Et cela à commencer par l’exécutif qui doit imprimer le tempo de la marche. 

Cela passe nécessairement par un retour aux valeurs, à plus de rigueur dans la conduite des dossiers, à la promotion de l’égalité, de l’équité et surtout de la démocratie qui ferait reculer sensiblement la violence politique, mère de tous les maux. 

La voie ainsi tracée, c’est sans encombre que les autres composantes du tissu social s’engageront dans la brèche à l’effet d’assainir la société ; pour la rendre plus humaine. 

Il serait illusoire de croire que les pistes évoquées plus haut éradiqueront totalement la violence sociétale mais elles peuvent la faire baisser sensiblement et ce serait déjà un pas significatif de gagné.

Muriel Amon  

PUBLIÉ PAR
La Rédaction

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